Les risques liés au stockage des vins sans sulfites
Le voeu pieux d’absence d’oxygène
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, une part minimale d’oxygène remplit toujours la bouteille, même juste après la mise. Dans le cas des vins sans sulfites, même cette infime quantité d’oxygène résiduelle peut catalyser des phénomènes d’oxydation plus rapides que sur des vins classiques.
De plus, l’absence de sulfites peut favoriser le développement de levures, bactéries ou d’altérations (parfois gracieusement appelées “déviations”) du fait de cette sensibilité accrue à l’environnement.
Les bouchons : liège, synthétique, vis… ont-ils leur rôle ?
Le type de bouchage change la donne :
- Bouchon de liège : permet une micro-oxygénation, souhaitée pour certains rouges évolutifs. Mais à l’inverse, sur les vins sans sulfites, cette oxygénation supplémentaire peut fragiliser la conservation.
- Bouchon synthétique : généralement jugé plus hermétique, mais attention, certains matériaux synthétiques laissent quand même passer l’oxygène plus vite que le liège haute qualité (Étude Institut Français de la Vigne et du Vin 2018).
- Bouchons à vis ou capsules : excellente étanchéité, prévient mieux les écarts d’oxydation, mais certains amateurs regrettent l’absence possible de micro-évolution.
Depuis dix ans, de nombreux producteurs de vins naturels ou sans sulfites ajoutés ont basculé sur des bouchons à vis, notamment en Bourgogne, Loire ou Jura, pour sécuriser le vieillissement et la fraîcheur des vins (voir “Le guide des vins sans sulfites”, Terre de Vins, 2022).