Réduction de l’irrigation : quelle efficacité ?
Le paillage et sa capacité à limiter les besoins en eau
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. D’après une étude menée par l’INRAE Bordeaux*, des lignes de vignes paillées avec du BRF montraient une réduction de la consommation d’eau de 30 à 50 % par rapport à des rangs nus, et une meilleure conservation de l’humidité dans le sol, mesurée grâce à des sondes capacitives à 20, 40 et 60 cm de profondeur.
- En été, la température du sol à 5 cm de profondeur restait inférieure de 4 à 6 °C sous paillis.
- Moins de stress hydrique signalé sur les ceps lors des périodes de sécheresse.
Cela ne veut pas dire que le paillage annule tous les besoins en irrigation, mais il permet d’espacer significativement les arrosages et de maintenir la vigne en activité plus longtemps lors des épisodes de chaleur.
Source : INRAE Bordeaux (2022), projet VitiREV
Intérêts et limites de l’enherbement pour économiser l’eau
L’enherbement est souvent vu comme une double lame : il protège et stimule le sol, mais il peut parfois concurrencer la vigne pour l’eau, notamment lors des premières années de sa mise en place ou lors de sécheresses extrêmes.
- Couverts d’été : Des essais réalisés dans le Val de Loire montrent que les vignes enherbées gardent en moyenne 10 à 20 % d’humidité de plus dans les premiers centimètres du sol, sauf en cas d’enherbement trop dense ou mal géré, où la concurrence s’exacerbe.*
- Adaptation du type d’enherbement : Des couverts légers à base de légumineuses ou de graminées méditerranéennes sont plus adaptés aux zones sèches, tandis que les couverts permanents conviennent aux zones plus humides.
- Gestion du fauchage : Laisser une partie du couvert au sol limite l’évaporation et améliore la capacité de rétention en eau du sol.
D'après les suivis de l’IFV en Languedoc, une bonne gestion de l’enherbement (alternance de couverts, fauches précoces et roulage) permet d'économiser jusqu'à 30% d'eau en irrigation sur la campagne entière (source : IFV Occitanie, 2021).