Le concept de terroir Définir le terroir d'un vignoble ne peut se limiter a la seule description du sol et du sous-sol. Le terroir est en effet la résultante de l'influence d'un grand nombre de facteurs dont il n'est pas toujours aisé de mesurer l'importance. Si la composition chimique du sol et du sous-sol est a prendre en compte, les différents constituants et la façon dont ils sont plus ou moins liés les uns aux autres, facilitant un enracinement plus ou moins profond ainsi qu'un drainage efficace conditionnant l'alimentation en eau de la plante, est un paramètre primordial. La durée d'ensoleillement, la somme totale des températures, la somme totale des précipitations et leur distribution plus ou moins régulière, entraînant des périodes de sécheresse, l'exposition, prenant toute son importance pour certains cépages dans les vignobles septentrionaux ou de montagnes, l'altitude, la situation topographique, limitant les précipitations, les gelées, les brouillards ou l'action des vents, donneront une maturité des raisins ainsi qu'un état sanitaire différents d'un cru au cru voisin et même d'une parcelle a l'autre. Tous ces éléments agissant peu ou prou, font le terroir. Et l'homme dans tout cela? L'homme qui au cours des siècles, grâce a ses observations a sélectionné les cépages, l'homme qui plante, conduit et protège la vigne, modifie le sol par les engrais, les amendements et le drainage, élabore et contrôle les vins. Il est le révélateur sans qui un «bon» terroir n'existe pas. Climat chaud et sec ou frais et humide, sol argilo-calcaire ou siliceux, vignes en terrasses ou coteaux, encépagement monovariétal ou non, le vigneron saura ou ne saura pas en tirer la quintessence. Des nectars inoubliables côtoient d'ailleurs dans une même appellation des vins d'une banalité affligeante.
La notion d'appellation «Constitue une appellation d'origine, la dénomination d'un pays, d'une région ou d'une localité servant a désigner un produit qui en est originaire et dont la qualité ou les caractères sont dus au milieu géographique, comprenant des facteurs naturels et des facteurs humains». Issus d'un terroir spécifique, élaborés en respectant des règles tirées des «usages locaux, loyaux et constants», publiées par l'Institut National des Appellations d'Origine, fixant l'encépagement, le rendement a l'hectare, le titre alcoométrique volumique naturel minimum, les procédés de culture et de vinification, contrôlés par les professionnels eux-mêmes, les vins d'appellations sont pour le consommateur l'assurance d'un bon niveau de qualité. C'est peut-être la que le bas blesse trop souvent. Beaucoup d'amateurs, en effet, ne s'expliquent pas pourquoi, dans une même appellation, le niveau de qualité des vins et leur prix sont si différents. Est-il bien facile, en effet, pour les professionnels, d'être a la fois juge et partie et l'intérêt économique ne prévaut-il pas très souvent? L'appellation n'est-elle pas devenue pour certains producteurs un moyen commode de valoriser a bon compte un vin de qualité passable? Le consommateur d'aujourd'hui, même s'il ne sait pas toujours exprimer avec précision pourquoi il aime ou il n'aime pas un vin, risque si l'on y prend garde (mais c'est peut-être déja le cas), de se détourner de certaines appellations dont les vins sont jugés trop chers par rapport a leur qualité, au profit de vins étrangers qui avouent plus simplement leur identité par le nom du cépage par exemple. Il n'en reste pas moins que le système des appellations françaises est bien fait. Peut-être celui-ci devra-t-il évoluer vers plus de simplifications ? En conclusion, ne vous laissez pas (toujours) guider par la seule réputation d'une appellation, mais dégustez et comparez en échantillonnant le plus souvent possible avant d'acheter en plus grande quantité, cela reste le plus sûr moyen de constituer votre cave idéale. |